Ministère de l'Action Sociale et de la Solidarité Nationale

Comité National de Secours d'Urgence et de Réhabilitation

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Burkina Faso

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Rapport de synthèse de l'exécution
de la première phase de l'aide alimentaire d'urgence 2001
dans les dix huits (18) provinces bénéficiaires des 4083 tonnes

Titre I. Rapport Technique


1. Contexte général de l'aide alimentaire d'urgence 2001

La mauvaise pluviométrie de la campagne agricole 2000-2001 a engendré un déficit céréalier de 199.556 tonnes au Burkina Faso. Ce déficit a surtout affecté les provinces du Centre, du Centre-Nord, du Sahel et de l'Est. Les effets de cette situation conjoncturelle ont déjà commencé à se manifester par des difficultés alimentaires dans les zones sévèrement affectées dès le mois de mars 2001. Ayant pris conscience de cette situation de sinistre qui se profilait à l'horizon, le Gouvernement a lancé un appel à la solidarité nationale et internationale en février 2001.

Suite à cet appel, le Gouvernement a élaboré en collaboration avec ses partenaires, un programme d'Aide Alimentaire d'Urgence en trois phases:

La première phase dont traite le présent rapport a été entièrement financée par l'Etat Burkinabé qui a mobilisé 4.083 tonnes de céréales locales d'une valeur d'environ 622 millions pour venir en aide aux groupes vulnérables et aux populations nécessiteuses identifiées selon l'Indice d'Extrême Pauvreté dans les dix-huit (18) provinces déficitaires retenues,

Le document se propose de faire la synthèse de l'exécution technique et financière de cette première phase de l'opération d'Aide Alimentaire d'Urgence 2001 de 4.083 Tonnes de céréales locales.

2. Présentation du CONASUR

Le Burkina Faso est confronté depuis les années 1970 à un certain nombre de difficultés majeures dues aux catastrophes telles que les sécheresses et les inondations. Pour y faire face, le Gouvernement crée dès 1973 une structure ayant pour mission de prévenir ces phénomènes naturels ou de réduire leurs effets néfastes sur les populations et l'environnement; l'organisme est intitulé Commission Nationale de Lutte contre les Effets de la Sécheresse (CNLES). Avec l'affirmation de la volonté des autorités gouvernementales de prendre en compte la gestion des autres catastrophes, la commission est transformée en Comité National de Secours d'Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) dont l'organisation interne et le rôle se présentent de la façon suivante:

Le CONASUR est créé le 05 mars 1993 par décret n°93/PRES/069/SASF. Il est composé d'une quinzaine de départements ministériels et d'ONG, ces dernières étant représentées par le SPONG et la Croix-Rouge.

Son organisation interne se présente ainsi qu'il suit:

·        Les Comités Provinciaux de Secours d'Urgence et de Réhabilitation (COPROSUR) au niveau des provinces;

·        Les Comités Départementaux de Secours d'Urgence et de Réhabilitation (CODESUR) au niveau des départements;

·        Les Comités Municipaux de Secours d'Urgence et de Réhabilitation (COMUSUR) au niveau des communes;

·        Les Comités Villageois de Secours d'Urgence et de Réhabilitation (COVISUR) au niveau des villages.

Son rôle est centré sur la prévention et la gestion des catastrophes naturelles au Burkina Faso.

Les principales missions qui lui sont assignées sont:

  • Elaborer et mettre en oeuvre le plan national d'organisation et de coordination de secours d'urgence et de réhabilitation en cas de catastrophe (PNOCSUR).
  • Assurer la coordination, le suivi et l'élaboration des programmes d'atténuation des effets des catastrophes sur le territoire national;
  • Assurer la formation du personnel administratif provincial dans le domaine de la prévention et de la gestion des catastrophes;
  • Eduquer et sensibiliser le public sur la prévention et la gestion des catastrophes naturelles.

Pour réaliser ces objectifs, le Secrétariat Permanent du CONASUR mène trois (3) types d'activités:

  • Les activités de prévention;
  • Les activités d'intervention d'urgence;
  • Les activités de réhabilitation.

3. Appel d'offres pour la fourniture de 4.083 tonnes de céréales locales.

3.1. Procédures d’achat

Pour disposer des 4.083 tonnes de céréales à mettre à la disposition des COPROSUR des Provinces déficitaires pour distribution gratuite aux personnes nécessiteuses identifiées selon l'Indice d'Extrême Pauvreté (IEP), le Comité Paritaire de Gestion a procédé au lancement d'un appel d'offres. Après le dépouillement, le marché fut attribué à huit (8) opérateurs économiques nationaux intervenant dans le secteur agro-alimentaire. Ceux-ci ont procédé à la livraison des céréales directement

dans les chef-lieux des différentes provinces bénéficiaires.

Le procès verbal de délibération des offres pour la fourniture de 4.083 tonnes métriques de céréales locales est joint en annexe 1.

3.2. Situation des livraisons

L'état récapitulatif général des attributions et l'état de suivi des livraisons des commerçants céréaliers présentent:

  • Le montant total des marchés = 621.608.800 F CFA.
  • La situation des livraisons par nature de produits;
  • La quantité totale livrée aux dix-huit (18) provinces bénéficiaires : 4.083 TM.

L'examen du tableau des livraisons fait ressortir que les livraisons ont été réalisées à 100%.

4. Déroulement de l'opération

4.1. L identification des bénéficiaires

Les personnes bénéficiaires de cette première phase d'Aide Alimentaire d'Urgence ont été identifiés suivant des critères fondamentaux définis selon l'Indice d'Extrême Pauvreté (IEP). La mission d'identification a été confiée aux structures de l'Action Sociale et de la Solidarité Nationale avec l'appui des Préfets et des Responsables

Administratifs Villageois des zones déficitaires.

Les critères retenus pour l'identification des bénéficiaires étaient les suivants;

  • Etat de dénuement;
  • Etat physique et sanitaire (vieillesse, handicap physique et mental);
  • Absence ou manque de soutien;
  • Personnes handicapées et/ou âgées sans source de revenu;
  • Orphelins et veuves sans appui;
  • Malades chroniques et invalides;
  • Personnes manquant du strict minimum d'existence.

Ces critères ont permis à 106.556 personnes de bénéficier de cette aide alimentaire à titre gratuit .

4.2. Opérations de réception

A la suite du lancement de l'appel d'offre et à l'attribution des marchés au cours du mois de mars, les différentes provinces bénéficiaires ont commencé à recevoir leur dotation de mi-mars à avril 2001.

Dès réception des quantités effectives allouées aux provinces, les COPROSUR ont procédé à la ventilation interne au niveau des départements selon des plans de répartition préalablement établis.  Chaque CODESUR a procédé à son tour à une répartition par village.

4.3. Opérations de distribution

Des Comités de distribution composés des membres des COPROSUR et des CODESUR ont été mis sur pied dans les différentes provinces. La distribution gratuite a été effectuée sur la base des listes de bénéficiaires identifiés par les structures de l'Action Sociale avec l'aide des Préfets et des Responsables Administratifs Villageois.

Avant la distribution proprement dite, il a été procédé à la diffusion de l'information par le biais des radios locales, de crieurs publics et des Responsables Administratifs Villageois.

Les bénéficiaires retenus se présentaient aux différents points de distribution munis de leurs documents administratifs (carte ou livret de famille, carte d'identité burkinabé) en vue de recevoir leur dotation.

La quantité reçue par les bénéficiaires variait d'une province à une autre et d'un département à un autre en fonction du nombre de personnes recensées.

A titre d'exemple, la quantité reçue par bénéficiaire variait entre 15 et 50 kg de céréales.

4.4. situation des distributions

Le tableau II présente la situation quantifiée des opérations de distributions gratuites.

5. Suivi-supervision

Des tournées de suivi et de Supervision se sont déroulées dans les dix-sept provinces bénéficiaires.

Au niveau provincial, la supervision était assurée par les COPROSUR et au niveau départemental par les préfets, Présidents des CODESUR.

Les séances de travail au cours de ces sorties de supervision ont consisté à des échanges avec les structures décentralisées et les acteurs impliqués dans les différentes opérations. Les questions ont porté essentiellement sur l'opération de réception, de l'organisation pratique de l'opération, le fonctionnement du dispositif mis en place, les difficultés rencontrées et les suggestions éventuelles.

6. Principales difficultés rencontrées

Les principales difficultés rencontrées au cours de cette première phase de l'Aide Alimentaire d'Urgence se présentent comme suit:

  • L'insuffisance des quantités allouées aux COPROSUR;
  • Le problème de stockage de vivres à cause de l'insuffisance d'infrastructures destinées à cet effet aussi bien au niveau des chef-lieux de province que dans les départements.
  • Les problèmes liés au transport; les opérateurs économiques des différentes localités ont jugé le tarif de 60 F la tonne kilométrique peu attrayant;
  • Les difficultés d'identification, et le choix des personnes nécessiteuses en cette période de crise;
  • L'irrégularité des missions de supervision (CONASUR, COPROSUR) due à la vétusté ou au manque de moyens de transport; . L'absence de moyens pour la constitution de fichier des nécessiteux dans les provinces;
  • Le retard dans le déblocage des fonds pour les différentes prestations de services (manutention, ventilation interne, suivi-supervision);

7. Conclusion et recommandations

L'opération "Aide Alimentaire d'Urgence 2001" s'est déroulée de façon satisfaisante dans son ensemble. Toutes les dix huit (18) provinces retenues ont reçu en totalité les quantités prévues.

L'impact positif de cette opération n'est plus à démontrer, en témoigne le soulagement constaté sur le terrain et les mots de remerciements exprimés par les porte-paroles et les autorités coutumières des populations bénéficiaires à l'endroit du Gouvernement et des Partenaires.

Pour corriger les insuffisances constatées sur le terrain au cours de cette première phase de l'aide alimentaire d'urgence, il serait souhaitable que:

  • Le déblocage des fonds se fasse à temps pour permettre le bon déroulement de l'opération; au cas échéant , que les livraisons soient faites directement dans les départements bénéficiaires conformément au plan de répartition provincial;
  • Mettre les moyens à la disposition des structures de l'Action Sociale et de la Solidarité Nationale pour la mise en place d'un fichier de nécessiteux dans les provinces (à actualiser périodiquement).
  • Revoir les quantités à distribuer gratuitement à la hausse pour tenir compte des effectifs élevés des personnes nécessiteuses identifiées.
  • Doter le CONASUR et les COPROSUR de moyens conséquents pour leur permettre un bon suivi des différentes opérations.