Ministère de l'Action Sociale et de la Solidarité Nationale

Comité National de Secours d'Urgence et de Réhabilitation

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Burkina Faso

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PLAN NATIONAL D'ORGANISATION ET DE COORDINATION
DES SECOURS D'URGENCE ET DE REHABILITATION

Volet sécurité alimentaire


 

RESUME

Les catastrophes dites naturelles telles que les sécheresses et les inondations ont en réalité très souvent des origines anthropiques. Les sécheresses agricoles peuvent par exemple être favorisées par une dégradation écologique et les inondations par des défauts de construction. La distinction entre la catastrophe d'origine naturelle et celle d'origine humaine est donc artificielle dans la mesure où c'est souvent une combinaison des deux facteurs qui se trouve à l'origine de la catastrophe.

Le Burkina Faso est un pays vulnérable aux catastrophes pour les principales raisons suivantes: une pluviométrie très irrégulière dans l'espace et dans le temps, une forte démographie, une économie qui repose essentiellement sur un secteur agricole peu modernisé dont la production est tributaire des aléas climatiques, des systèmes éducatif et de santé peu développés. Les principales catastrophes affectant le Burkina Faso sont les sécheresses, les inondations, les infestations, les épidémies et les feux de brousse. Elles occasionnent généralement d'importantes pertes humaines, matérielles et financières entravant encore davantage le développement socio-économique d'un pays classé parmi les plus pauvres du monde.

Plusieurs périodes de crises alimentaires ont jalonné l'histoire des trente dernières années: des crises majeures qui ont culminé en 1972/73 et 1983/84 et d'autres de moindre ampleur (1990/91, 1995/96 et 1997/98).

Pour prévenir et gérer les crises alimentaires, le gouvernement et les partenaires au développement ont mis en œuvre des programmes à court et long terme relatifs à la surveillance de la situation alimentaire, à la mobilisation des aides d'urgence, ...Des structures (SONAGESS, CONASUR SP/CPC, CO), des organes de concertation (CRSPC, CPG) et d'un instrument de financement (FODEC) ont progressivement été mis en place.

L'expérience et l'analyse ont montré que, malgré toutes ces dispositions, la stratégie de prévention et de gestion des crises alimentaires demeure insuffisante pour atténuer leur impact sur les populations les plus affectées.

Les zones d'insécurité alimentaire chronique les plus exposées au risque de crise transitoire sont situées dans les régions du centre, du Sahel et de l'est. Ces régions se singularisent par leur indice de pauvreté particulièrement élevé.

Le volet sécurité alimentaire du Plan d'urgence a pour vocation de déclencher des interventions dans le cadre de situations d'insécurité alimentaire transitoire. Il doit permettre d'éviter toute dégradation sévère du régime alimentaire et de l'état nutritionnel des populations ainsi que des processus de décapitalisation des moyens de production qui empêcheraient tout retour des producteurs à une situation normale où ceux-ci peuvent subvenir par eux-mêmes à leurs besoins.

Le Plan est fondé sur les principes de base suivants:

  • Une prise en charge progressive du niveau local au niveau national selon l'ampleur des crises alimentaires
  • Une approche participative et concertée qui nécessitent une implication des acteurs de terrain, des bénéficiaires et des structures déconcentrées
  • Une approche globale de la sécurité alimentaire pour évaluer les risques de dégradation de la situation alimentaire
  • Une démarche évolutive qui nécessitera des adaptations et améliorations régulières en fonction de l'évolution du dispositif d'information et du contexte économique.

Le déclenchement de scénarios d'interventions pour la résolution des crises se base sur l'évaluation de la situation alimentaire tant nationale que provinciale qui permet de déterminer des seuils d'insécurité alimentaire. Le suivi qualitatif de la campagne agricole, les résultats quantitatifs des principales productions, l'accessibilité aux céréales, le risque de crise alimentaire des départements constituent les informations nécessaires à la détermination de ces seuils. Ces informations sont recueillies et analysées à différentes périodes de l'année- Elles doivent être utilisées diversement selon leur représentativité aux différentes échelles géographiques et selon leur caractère annonciateur d'une dégradation des ressources.

Le Plan propose une méthodologie d'appréciation des seuils d'insécurité alimentaire définissant : ·

  • 4 seuils au niveau national fondés sur les résultats du bilan céréalier selon qu'il soit excédentaire, équilibré, déficitaire ou très déficitaire
  • 4 seuils au niveau de chacune des provinces; à partir d'une situation apparentée à une sécurité alimentaire normale de "seuil 1", une dégradation progressive est représentée par le passage aux "seuils 2, 3 ou 4".

La détermination des seuils est dépendante des résultats de l'enquête permanente agricole et sera par conséquent réalisée en novembre et février de chaque année. Une alerte d'urgence plus précoce s'impose en cas de déficit national prononcé afin de mobiliser les aides alimentaires. Le suivi régulier de la campagne agricole par les structures habilitées au niveau national et provincial permettront de prendre les dispositions nécessaires dans les délais requis.

A partir des différents cas de figure des seuils provinciaux et nationaux le Plan propose 5 scénarios qui prévoient différents types d'actions, d'intervenants et de fonds à mobiliser. Le tableau n° 1 synthétise les actions à entreprendre selon les scénarios.